AMAP des Feuillantines

On parle de nous dans le Parisien !

Article paru le 3 Août 2006

Faites-vous livrer par des agriculteurs

« Tu pourras nous apporter des aubergines la semaine prochaine, Loïc ? »
« Pas de problème ! Au prochain convoi, il y aura des tomates, des courgettes, des poivrons et des aubergines : ce sera ratatouille pour tout le monde. »
Comme chaque mardi soir, Loïc Boulanger, cultivateur bio à Beauvais (Oise), distribue ses légumes sur le marché de l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) des Feuillantines (Ve).
Comme lui, de plus en plus d’agriculteurs d’Ile-de-France décident d’intégrer ce système de partenariat solidaire entre producteurs locaux de fruits et légumes et clients. Promouvant des principes comme la convivialité et la défense d’une agriculture sans composants chimiques, les Amaps reposent sur un engagement solidaire des consommateurs... ou plutôt des « consomm’acteurs ».

Un partenariat solidaire entre clients et producteurs

Ces derniers s’engagent, en effet, à participer aux activités de l’association (aide à la distribution et au transport...) et à payer le producteur six mois avant sa première récolte. Ainsi l’agriculteur se retrouve à l’abri en cas d’intempéries ou de sécheresse extrême. En échange, le paysan est contraint de faire pousser des légumes sains et respectueux de l’environnement.
Finalement, tout le monde s’y retrouve : « La qualité des produits est sans commune mesure avec les légumes que l’on trouve en supermarché », précise Mathilde, consomm’actrice du Ve arrondissement. « Ici, il y a une vraie différence en termes de saveur et de diversité. Et avec un panier, mon mari et moi avons assez de légumes pour tenir une semaine. »
« Contrairement aux grandes surfaces ou même aux marchés locaux, les Amaps cultivent un vrai sens de la convivialité, ajoute Jean-François, étudiant. Il existe une vraie relation de confiance entre acheteurs et cultivateurs. Et dans une grande ville comme Paris, ça fait du bien de discuter de bonne chair et de produits sains avec un professionnel. »
Au-delà de la qualité des produits, le développement des Amaps correspond aussi à un véritable engagement politique : « Nous voulons contribuer à un mouvement de relocalisation de l’économie en zappant les intermédiaires entre producteurs et consommateurs », souligne Jordan, client régulier des Feuillantines.

Une trentaine d’Amaps fonctionnent aujourd’hui en Ile-de-France et approvisionnent plus de 3 000 personnes. Trente autres attendent de trouver un cultivateur disponible.
Créées il y a trois ans, les Amap sont déjà victimes de leur succès.

Samuel Duhamel